Kuaotunu organic farm

Vendredi 8 février, je décide de passer la journée à Christchurch et de me poser dans la bibliothèque du centre ville pour vous raconter le début de mes aventures avec Marie qui vient de s’envoler pour Singapour. Dehors, grand soleil, mais il faut vraiment que je prenne le temps d’écrire avant d’oublier trop de détails 😉

Le lendemain matin, je reprends la route vers Nelson en passant par Kaikoura, une ville côtière au nord est de l’île du sud. Lors de notre road trip en Nouvelle Zélande en Décembre 2017, la route vers Kaikoura était inaccessible, complétement détruite à la suite d’un tremblement de terre survenu 2 mois plus tôt. Mais cette fois, grâce au travail incroyable des NZ, la route est de nouveau accessible. La catastrophe de 2017 a toutefois laissé des traces des multiples éboulements dans le paysage montagneux qui surplombe le coté gauche de la route. A certains endroits, à la place des arbres, désormais ce sont des tranchées. De l’autre coté de la route, l’océan pacifique 😉

Arrivée à Kaikoura, je gare le van pour profiter de l’océan mais je ne suis pas seul ! Plusieurs familles de phoques (seal) sont également venu pour le week-end ! Après quelques minutes passées à observer ces animaux, je remonte dans le van. Un homme d’une soixantaine d’années passe devant moi et ressemble étrangement à Stuart. La femme qui le suit me regarde avec insistance, la je n’ai plus de doute, je viens de retomber sur Stuart & Jills, nos hôtes rencontrés à Nelson après notre randonnée dans le Nelson Lake National Park. On prend donc le temps de se donner des nouvelles, je leur explique que je remonte vers Nelson pour trouver un travail pour les 3 prochaines semaines. Stuart me donne le numéro d’un contact à lui qui bosse pour Mac’s Hops, une exploitation de houblon situé à Richmonds en banlieue de Nelson. Ça pourrait être sympa 😉 j’irais jeter un oeil. On se fait la bise et je repars de mon coté, assez improbable de se recroiser comme ça !

Samedi en fin de journée, je passe devant la réserve de Pelorus Bridge et je me laisse tenter par une partie de pêche en rivière. Après 5 minutes, une truite mord mais malheureusement pour moi elle m’échappe. Je passerai la nuit non loin de là pour être sur le spot à la première heure le lendemain.

Le Dimanche à 6h du matin je suis opérationnel ! j’en attraperai 3 dont une de plus de 50 cm. Je me trouve un spot pour pouvoir les nettoyer et reprends la route vers Nelson. Thomas & Fanny, un couple de Français rencontré sur le Tongariro alpine crossing sont de passage à Nelson pour la soirée. Je leur envoie donc un message pour leur proposer de partager les truites ! Sans hésitation ils me répondent qu’ils sont chauds, on les dégustera dans un camping en périphérie du centre ville avec quelques bières et pas mal de fou rires … une super soirée !

Lundi matin, je commence mes recherches pour trouver un boulot dans le fruit picking ou pourquoi pas un woofing dans la région de Nelson.

Nelson est le bon spot pour les pommes en cette saison. J’accède donc à un site pick.co.nz qui m’indique que je dois me rendre au visitor center de Richmond pour rencontrer le contact régional. Avant de me rendre sur place, je m’inscris également sur le site wwoof.nz. Pour 50 euros / an, je deviens membre des wwoofers NZ. Cela me permet de contacter les différents hôtes disponibles en Nouvelle Zélande. J’envoie donc un message à un certain Jeremy Naylor, propriétaire de la ferme organique « okainamu », situé à coté de brightwater. Coté fruit picking, je me rends donc au visitor center et me retrouve face à un tableau avec des annonces, tout sauf ce que je recherche … inutile … Il est déjà 16h, je vais donc allé finir ma journée avec une séance de natation et une bonne douche à la clé. Pour la nuit j’ai trouvé un free campsite isolé au sud de Nelson en pleine forêt, c’est top ! Seul Hic, un incendie est en cours non loin de là. Un garde forestier me demande donc de quitter les lieux, je retourne dans le centre ville de Nelson.

Mardi, 9h du mat, je retourne vers Richmond mais cette fois je décide de me rendre directement dans les exploitations (orchard). Pas mal d’entres elles sont déjà full pour la saison mais je fini par trouver une exploitation avec une forte demande de workers. Je dépose ma candidature, le gars me dit qu’il me recontacte en fin de semaine pour me donner une réponse. Allez je croise les doigts !

De retour à mon van je consulte mes mails, j’ai reçu une réponse de Jeremy Naylor, il a besoin d’aide dans sa ferme … Ok donc la j’ai deux possibilités … soit je travaille dans un orchard soit dans une ferme organique … Clairement me connaissant si je ramasse des pommes toute la journée pendant plusieurs jours je vais vite me lasser même si il y a un salaire à la clé. Et du peu que j’en ai entendu parler, ces exploitations recherchent avant tout un max de rentabilité donc difficile de trouver du temps pour sympathiser avec d’autre gars / girls. Du coup, je décide de me lancer dans ma première expérience wwoofing !

Mercredi 13 février, j’ai rendez vous au Nelson farmers market pour rencontrer Jeremy Naylor. Il est 10h du mat, je me présente à lui, on se donne rendez vous à sa ferme vers 16h. Au premier contact il a l’air vraiment sympathique, j’ai hâte de commencer ! Une femme était également présente.

A 16h, j’arrive à la ferme, Jeremy n’est pas encore revenu du Nelson farmers market. Mais, je suis acceuilli par un chien style border collie qui a l’air assez jeune. Je suis pas très serein, lui non plus, je vais attendre que Jeremy arrive pour faire connaissance. Après 30 minutes, le voilà, je fais enfin connaissance avec Zak le chien qui déborde d’énergie ! La femme rencontrée au marché est également présente. Elle se prénomme Ya et est en faite l’épouse de Jeremy.

Première mission en tant que wwoofers, aller enterrer un mouton … Ok, c’était pas le plus fun mais ça va, j’étais plus là en tant que spectateur … Avant que la nuit ne tombe, il reste une dernière chose à faire, nourrir les vaches, c’est parti pour un tour en tracteur, clairement pas le dernier modèle mais toujours en état de marche ! L’une des premières questions que je poserai à Jeremy : que signifie Okainamu ? sa réponse : place of hungries sandflies ! Dans ma tête je me suis dit : t’es sérieux la !! Ben je vous confirme il était sérieux. Heureusement que j’avais un répulsif !

De retour à la ferme, Ya nous a préparé à dîner. Le principe du wwoofing : tu bosses en tant que bénévole, généralement dans une ferme organique, et en échange tes hôtes t’offrent le couvert et un toit pour la nuit. Généralement entre 3 et 4 heures par jour. Mais à Okainamu Farm, don’t expect to be on holiday ! C’est entre autre ce qui était écrit sur une feuille accrochée au mur des toilettes, pratique ca te laisse le temps de bien la lire ahah ! Voilà donc ce qui m’attendait pour les 2 prochaines semaines : 6h de travail minimum / jour – 6 jours / semaines – rest on sunday.

Premier repas avec ce couple de fermier, on commence par dire les grâces. Je dois avouer que j’étais pas bien habitué mais bon pourquoi pas 🙂 Au final, j’étais plutôt en phase avec ce que disait Jeremy. Parfois il était question de demander de l’eau pour la terre, d’autres fois c’était pour remercier le ciel de m’avoir amené à eux pour les aider, etc … en fin de compte ça avait du sens 😉 Bon il n’a jamais plu en 2 semaines … C’était vraiment une des plus longues périodes de sécheresse dans la région de Nelson.

Pour les nuits, je décide d’utiliser le confort all inclusive de mon van, c’est donc ma première nuit à Okainamu Farm.

Lendemain matin, réveil à 7h30, après un bon petit dèj, Jeremy me montre comment faire du pain. Pour ceux que ça pourrait intérresser, la recette : 2 mesures de levure – 2 tasses à café de normal flour – 2 tasses à café de wholemeal flour – 225 cl d’eau – 2 cuillères à soupe d’huile d’olive – 1 pincée de sel – 1 bonne poignée de graines de sésame. Ce sera ma mission du matin !

Mais la vrai mission du jour : assembler le wood chipper ! Il fait presque 27 °C. Après 3h d’assemblage, je vois enfin le bout ! Pas facile, lorsque les pièces mesurent plus d’1 mètre de coté et que tu es tout seul. Il ne reste plus qu’a connecter l’arbre de transmission à l’arrière du tracteur … ce sera pour plus tard !

Après la mission chipper, la mission « réparation brouette », rien de bien compliqué, juste des paliers à changer et une roue à remonter. Après la pause déjeuner, je suis parti travailler dans les kiwis. J’ai commencé par enlever les kiwis de petites tailles qui empêchent les plus gros de continuer à se développer.

En raison de la période de sécheresse, il a ensuite fallu :

  • protéger la base de chacun des arbres avec de vieux linges / draps (permet aussi d’éviter la formation de mauvaises herbes)
  • recouvrir la terre avec du sawdust (sciure de bois) pour garder l’humidité après arrosage.

Puis pour le repas du soir, préparation d’un poisson : le moki !

Vendredi 15 Février, j’ai terminé de protéger le sol des arbres à kiwi, j’ai préparé des crêpes et j’ai été rejoins par 2 nouveaux woofers : Jane & Forest, un couple de charpentier américain venu pour restaurer une partie de la façade de la ferme.

Pour la fin de la semaine, petite mission arrosage de pumpkin et utilisation du chipper, ça envoie du bois 😉

Dimanche, rest day ! Au programme, pêche en mer avec Jeremy au nord de Nelson. Vers 11h, la barque est sur la remorque. Des essais sont en cours sur le moteur qui vient d’être réparer (changement de la pompe à eau), ce serait dommage d’avoir à ramer … Après plusieurs tentatives, il démarre enfin ! On charge les gilets, les cannes à pêche et on met les voiles.

Arrivé sur place, on met la barque à l’eau et on installe le moteur. La mer semble un peu agitée. Jeremy prend la direction d’une embouchure ou des snappers (NZ fish) devraient normalement venir à marée haute. Je jette l’ancre qui doit bien peser 50 kilos. Après 1 bonne heure, toujours rien, pas assez de fond, on continue d’attendre. La mer continue de monter pour laisser passer des snappers. Jeremy finira par en attraper 3 que l’on mangera le lundi soir.

Après 2h sur l’eau, j’ai commencé à avoir le mal de mer. Sur les conseils de Jeremy j’ai fixé l’horizon, puis quand j’ai commencé à aller mieux vers 18h, il était temps de regagner la terre ferme. J’ai donc remonté l’ancre en essayant de garder mon équilibre, pas facile quand c’est la première fois, que t’es pas au top et que le bateau n’est pas stable … j’ai fini par me péter la gueule en arrière, mon cul a atterri directement dans la caisse des poissons que j’ai explosé … J’ai fini par sortir cette putain d’ancre et nous avons pu regagner la plage. Je pense que Jeremy a explosé de rire, j’étais tellement gavé que je me suis même pas retourné vers lui, juste envie de rentrer. Clairement, la pêche en mer c’est pas pour moi !

La deuxième semaine, toujours aucun signe de la pluie, j’ai donc continué de protéger les sols avec du sawdust mais cette fois pour les citronniers, les brocolis etc … Et avec de la paille pour les oignons pour réfléchir les rayons du soleil. Je vous passe les détails mais ça demande pas mal de temps et avec ce soleil de plomb ça te pompe pas mal d’énergie !

Samedi 23 Février : départ de la ferme Okainamu.

Cette première expérience woofing m’a permis d’en apprendre beaucoup plus sur le fonctionnement d’une ferme organique. Ce qui m’a vraiment marqué :

  • la gestion des déchets pour la majorité réutilisés pour nourrir les sols et les animaux.
  • les fins de journée avec Jane & Forest à préparer le repas du soir et à écouter ce bon vieux Bob Dylan
  • les baignades dans la rivière avec Zak
  • le temps passé avec Ya pour tenter de l’aider à passer son code de la route
  • la vegemite au pti dèj tout simplement dégueulasse !

Merci à Jeremy & Ya pour leur accueil et pour le magnifique carton de fruits & légumes qu’il m’ont remis à la fin de mon séjour 😉

Petit message laissé par Jeremy Naylor sur le site wwoof.nz :

 » Jonathan made an excellent contribution at Okainamu. intelligent,great company, tidy. He assembled my new wood chipper, completed tasks to a high std. Being french -he enjoys good food was great company. Highly recommended. Jeremy, Okainamu fm. »

Au départ de la ferme, plusieurs possibilités s’offrent à moi avant de reprendre le ferry le 28 février. J’ai en tête :

  • Mount Richmond
  • Mount Owen
  • French pass & Marlborough sound

Le problème principal dans la région de Nelson : risque d’incendie élevé. Du coup, toute la région de Richmond forest park est fermée.

Mount Owen, je suis assez chaud, il faut prévoir une journée pour monter en haut. Problème, les conditions météo ne sont pas idéales pour ce genre de rando …

Reste donc le French pass & les Marlborough sound. En attendant pour ce soir, ce sera Nelson. Nous sommes Samedi soir, je vais voir en ville ce qu’il s’y passe, longtemps que je n’ai pas fais la chouille ! Je trouve donc un parking self contained dans le centre ville et je prend le temps de me faire un petit repas sympa avec les fruits / légumes de la ferme organique. Après ça, j’enfile un jean et c’est parti pour la mac’s brewery, située sur une rue piétonne, un concert est entrain d’avoir lieu. J’arrive seul, me pose à une table avec une mac’s three wolves et je fais la rencontre de Zak, Mich et d’un canadien. L’ambiance est au top, des femmes d’une cinquantaine d’années se prêtent au jeu du lancé de soutien de gorge …

23h : fermeture de ce bar mais avant ça, Zak me conseille une dernière bière, la Pan Head APA … J’ai suivi son conseil.

2ème partie de soirée : je ne me souviens plus du nom du bar, juste que c’était sur Trafalgar street et qu’une nana un peu éméchée a demandé à Zak pour quelle raison il portait un bonnet. Elle a fini par lui enlever pour le lui glisser gentiment dans le pantalon … j’espère que c’est pas la Pan Head qui l’a mise dans cet état !

3ème partie de soirée : on bouge dans le bar où nous avions été avec Marie. Le concert est sympa et là Zak perd son tel … on cherche un peu partout, je vais demander au bar au cas où. Pas de tel mais la barmaid me tend ma carte de crédit, j’avais pris une Pan Head quelques minutes plus tôt et avait du la laisser dans le lecteur … Je commence à être pas mal ! Zak fini par retrouver son tel et la soirée continue. 2h30 du matin, ça devient calme. 14h30 en France, j’envoie un message aux copains et en discutant avec Yo j’apprends que Xavier Rudd est de passage à Auckland pour le NZ Spirit Festival, je book direct pour le 2 mars ! Je trinque une dernière fois et sur le chemin du retour je repasse devant le bar de la deuxième partie de soirée. Je m’arrête, ce sera la dernière Pan Head avant une longue nuit de sommeil !

Le 24 février après midi, je me réveille avec un gros mal de crâne, ça doit être la Pan Head. Elle porte bien son nom. Je vais faire quelques courses et je prend la route pour le French Pass. La route est correcte au départ, mais on arrive rapidement sur une gravel road qui longe la route, je suis seul au milieu des fjords, pas de réseau, quelques moutons et surtout beaucoup de vent ! Pas beaucoup de zone ensoleillée si bien que lorsque j’en aperçoit une, je décide de m’arrêter pour prendre un cliché. J’ouvre la porte du van et à peine entre-ouverte, le vent me l’arrache de la main. Je lutte pas mal pour la refermer, la photo sera pour une autre fois. La route est de moins en moins praticable mais je continue d’avancer avec Modestine.

Après 2h30 de route pour faire moins de 100 km, j’arrive au French Pass. C’est pas aussi fou que je l’imaginais mais ça doit être en partie du aux mauvaises conditions météo. Ca fait clairement chier, toute cette route pour pas grand choses à l’arrivée … En faisant le tour du van, le pneu arrière droit semble presque à plat. Je ne vais pas trop traîner dans le coin. Pas le choix, il faut que je retourne vers Nelson. Il est 16h je repars déçu. Pour le retour, petite playlist de Xavier Rudd et Go Pro pour garder un souvenir de ce passage au French Pass.

J’arrive à Havelock, je trouve une station sur le point de fermer. La proprio relance le compresseur pour que je puisse regonfler mon pneu et reprendre la route vers un free campsite non loin de là. Sur le chemin je repasse par Pelorus Bridge. Il est 20h, j’ai besoin de finir cette journée sur une bonne note. C’est partie pour une petite session pêche avant la tombée de la nuit ! Après un bon 45 min, je reviens avec 2 belles prises de 30 – 35 cm. Il fait nuit, je sors la table, la frontale et je prépare tranquillement les 2 truites.

21h30, j’arrive sur un free campsite, et pour une fois il reste de la place ! Au menu ce soir : truite avec courgette et riz, yummy ! Première fois que je cuisine à l’intérieur du van, trop de vent dehors, ça sent le poisson … bonne nuit !

A mon réveil le 25 Février, je repense pas mal à l’année 2018, au wakeboard qui va bientôt reprendre etc … je n’ai pas trouver de vrai wakepark en NZ pour l’instant, seulement des 2.0, a little bit boring … Je suis entouré par un troupeau de vaches et je découvre l’endroit où j’ai passé la nuit. Je quitte le free camp en dernier et retourne vers Nelson pour réparer mon pneu arrière droit. J’arrive à « Tyre General », le gars prend le cric, dépose la roue et je localise le clou qui m’a valu un retour à Nelson ! 30 minutes et 19$ plus tard, je repars ! Il est midi, je vais tenter de mieux m’organiser en commençant par remplir mon bidon de 20L d’eau. Je retourne en direction d’Havelock, je repasse une nouvelle fois devant Pelorus Bridge, il est 15h30, les truites font la sieste mais je décide d’aller me baigner ! Plutôt fraîche mais rien de mieux pour détendre les muscles !

Je continue ensuite en direction des Marlborough sounds en prenant une route située après Picton qui remonte plus au nord. Cette région est très sympathique mais à choisir j’aurais préféré être dans le Richmond National Park, maudit incendie !!

Je passerais quand même 3 jours à explorer la région avec un passage par le Mount Owen qui m’aura valu une belle entorse. De retour à Picton, je lance une lessive, je vais vais prendre un brunch et j’attends tranquillement 18h30 pour embarquer à bord du ferry qui me ramènera à Wellington !

To be continued …

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