J-9 : Romain Arrive ! NZ spirit Festival, Taranaki & Ruapehu.

Il me reste un peu plus d’une semaine avant l’arrivée de Romain à Auckland. Après ma traversée agitée avec le ferry de la compagnie « blue bridge », (pas mal de personnes ont passées la traversées sur le rebord des toilettes …) j’arrive donc à Wellington. Je prendrais la route directement après mon arrivée, je dois être à Auckland dans 2 jours pour le NZ Spirit Festival.

Le 1er Mars, une longue route m’attend, 7h de trajet de mémoire … Je ne prendrais pas vraiment le temps de me poser et j’arriverais en fin de journée à Auckland. Le spot du NZ Spirit Festival est situé au Nord d’Auckland à 15 minutes environ. J’irais passer la nuit sur le parking. Il est passé minuit, la sécurité est sur place à l’entrée du parking. Ils me laisseront garer mon van pour la nuit, plutôt cool !

Lendemain matin, réveil à 9h, je sors du van, il fait un temps magnifique ! Après un bon pti dèj, je pars découvrir les activités que me réserve cette journée. Le NZ Spirit Festival est basé à Tanglewood, en pleine nature sur une colline, avec plusieurs espace dédiés. Un espace pour se restaurer et s’hydrater, pas de viandes ni d’alcool, que du végétarien et des smoothies. De nombreux espaces dédiés à la découverte / pratique de sports spirituels comme le Yoga. Un espace dédié à la culture Moari, aux chants et Haka. Un espace « pizza maison » avec une scène pour écouter de la musique Reggae. Et la « main stage » prévu pour le concert de Xavier Rudd à 18h.

Je commencerai cette journée par une scéance de Yoga qui durera 1h ! Et bien contre toute attente, je me suis pris au jeu et c’était loin d’être simple. Pas facile d’être gainé et détendu en même temps ! J’ai également participé à une conférence sur le Kambo : The giant monkey frog. Cette technique de médecine plus ou moins convaincante utilise le poison du Kambo pour purifier le corps… Au bout de 40 minutes, je me suis allongé et me suis endormi.

Après cette conférence et cette petite sieste, je me suis rendu a une séance de Haka. Le but était de nous expliquer comment prendre l’apparence d’un guerrier Maori. Tout réside dans le regard, de gros yeux bien ronds, et la bouche qui doit former un sourire inversé.

Pour ma dernière activité de la journée, je participerai à un cours de danse un peu particulier. Le but est de se laisser porter par la musique avec un mélange electro / reggae et de danser en mode hippie. Pas facile pour moi de me laisser complétement envouter par la musique. Mais les NZ sont très doués pour ça et vont même jusqu’à pousser des cris pour montrer à quel point il sont possédés par la musique.

Entre deux activités je me rendait sur l’espace « pizza maison » pour écouter un bon vieux reggae !

Il est 19h, je me rapproche de la scéne principale, le concert de Xavier Rudd va bientôt commencer. Je ferais la rencontre d’un écossais qui a vu l’artiste quelques mois plus tôt à Glasgow. Peu de temps avant que je ne le vois à Paris en Septembre dernier. Incroyable pour nous deux de le revoir en Nouvelle-Zélande dans ce cadre magnifique, en haut d’une colline verdoyante, avec un début de sunset. Pour l’acceuillir et l’encourager, des Maoris lui ont préparé un Haka, ça fou la chair de poule ! Le Haka se termine par un hongi, un salut traditionnel Maori qui s’effectue en pressant le nez et le front d’une autre personne, entre le chef de la tribu Maori et Xavier Rudd.

Il monte sur scène, c’est parti pour 2h30 de concert sous un ciel étoilé. Je suis envahi par une vibes de paix, de respect, de bohneur et de liberté ici à Tanglewood. Je ne pense plus à rien !

Dimanche 3 Mars, je suis encore possedé par l’energie « Xavier Rudd », grand soleil, je prendrai vraiment mon temps ce matin là avant de reprendre la route vers New Plymouth où m’attend l’ascension du Mont Egmont plus connu sous le nom du Mont Taranaki ! Après 3h30 de route, j’aperçois le Taranaki au loin. Je passerai la nuit sur un free campsite. Et le lendemain, 6h30 du matin, je commence à me préparer.

Ascension du Mont Taranaki, Lundi 4 Mars 2019 :

Il est 9h, je laisse modestine sur le parking du visitor center. De là, le taranaki est vraiment balaise ! Aucun nuage au sommet, c’est parti ! Au programme : 1600 mètres de denivelé positif. Le début de la montée ne présente aucune difficulté, le chemin est large et ressemble à un gravel road accessible pour les 4WD. Certainement pour ravitailler le refuge qui se trouve à la fin de cette première portion.

Arrivé au refuge, 2 possibilités : soit faire le tour du Taranaki, soit continuer l’ascension. J’enlève mon sweat, me badigeonne de crême solaire pour éviter de finir en crevette et c’est reparti !

La deuxième parti commence avec des escaliers en bois assez étroits et installés sur une paroi très pentue. Chaque marche, un pas. Voir parfois deux ! Après les marches la vrai ascension commence. Il y a deux types de rando, celle ou tu vois pas la fin et celle ou tu vois l’objectif. J’étais clairement dans le 2ème cas. D’en bas, je pouvais voir le sommet et pendant un long moment il semble ne jamais se rapprocher. Le sol est recouvert de schiste, une roche à l’aspect feuilleté très friable, qui ralentit ma progression. A chaque pas, je dois m’assurer de bien m’ancrer dans le sol pour éviter de glisser. La descente promet d’être casse-gueule !

Après le schiste, la roche ! La fin du sentier s’apparente à de l’escalade. Et derrière ce bloc massif, j’arrive dans le cratère du Taranaki qui est recouvert de neige. Je ne suis pas encore au sommet mais déjà la vue est magnifique. Autour du cratère, de la roche, comme des tribunes dans une arène. Je quitte la neige pour regagner la roche et continuer mon escalade jusqu’au sommet. Après 3h30 d’ascension, je culmine à 2518 m d’altitude ! Je resterai en haut pendant presque 1h, le temps pour moi d’admirer la vue, de l’imprimer dans ma mémoire et de prendre des photos. Puis c’est reparti pour la descente. Pas mal de vent au sommet mais je resterai en débardeur ! Clairement cette vue à 360° était dingue. D’un coté, les crêtes du Taranaki qui descende jusque dans la Mer de Tasman. Et de l’autre, la vue sur le Tongariro National Park avec le Ruapehu situé à plus de 200 km à vol d’oiseau. Incroyable de pouvoir l’admirer d’ici. Dans la descente sur la portion de schiste, les gens sont comme tétanisés. De mon coté, je plante les talons et dévale la pente comme sur une piste de ski. Bon j’ai failli me ramasser 2 ou 3 fois mais c’est passé … De retour à la voiture, il est bien 16h, je me prépare des pâtes au thon avec une petite sauce tomate.

De là haut la vue avait l’air dégagé sur le Ruapehu et je suis clairement chaud pour le tenter. Je prends donc la direction du Tongariro National Park. Mais avant ça une bonne nuit de sommeil m’attend !

Mardi 5 Mars, je quitte la région de New Plymouth pour la ville de Whakapapa et décide de passer par la « forgotten world highway ». Rien pendant plusieurs centaines de kilomètres. Le van a une autonomie de 400 km et je dois avoir un peu plus de la moitié du plein. Après 200 km, la ville de Taumaranui, c’était juste ! Arrivé à Whakapapa Village, je décide d’aller prendre des informations, au visitor center, sur l’ascension du Ruapehu. Je tombe sur une grognasse qui m’explique que le Ruapehu est inaccessible, pas de sentier, et que la montagne est sacrée, qu’il ne faut pas y monter : What The Fuck ! Bon clairement elle se fout de ma gueule, la montagne se transforme en station de ski pendant l’hiver … Tenpis je ferais sans leur aide ! Je trouve un camping pour passer la nuit non loin de Whakapapa et je m’entretiens avec le réceptionniste qui me montre le chemin à emprunter sur une carte 3D. Seul hic, ce chemin n’est plus accessible en raison des travaux pour l’ouverture d’une nouvelle remontée mécanique ! Il me donne des conseils, la météo pour le lendemain qui s’annonce correcte et me dit de repasser le lendemain matin pour un petit briefing avec une de ses collègues qui connait très bien cette ascension.

Ascension du Mont Ruapehu, Mercredi 6 Mars 2019 :

A 8h du matin, je me rend à la réception pour rencontrer la collègue du réceptionniste. Elle me recommande un chemin bis à emprunter pour contourner les travaux, s’assure que j’ai tout l’équipement nécessaire et c’est parti ! Ce qui m’attend : environ 1200 m de dénivelé positif, pas de balise, quelques kerns sur le chemin mais rien de bien clair. Je prend une photo de la carte 3D avec les nivelés et un dernier conseil avant de partir : si je vois que des nuages progressent dans ma direction, faire demi-tour ! Je suis un peu anxieux, pas mal d’appréhension mais c’est ce qui fait toute l’excitation.

Je me dirige donc en direction du parking de la station « Whakapapa skifield ». Sur place, je prépare un sac avec mes provisions pour la journée : bananes / barres de céréales … Il ne me reste plus qu’à enfiler mes chaussures. Une jeune femme semble également se préparer à l’ascension. Elle finira par venir me demander si je connais le chemin à suivre pour arriver au sommet. Ma réponse : j’ai une vague idée mais on peut le tenter ensemble ! Je serais donc accompagner de Laurence, un Quebecquoise venue passer 6 mois en Nouvelle Zélande ! Sur le chemin, nous commençons donc par prendre la direction d’un café situé sur les hauteurs de la station. Pour y accéder, nous devons longer une crête sur la droite. Mais à peine lancé, nous cherchons déjà notre chemin. Nous arrivons à l’entrée du chantier en cours pour l’ouverture du futur télésiège. Un des ouvriers comprend que nous sommes perdu et nous indique le chemin à suivre pour contourner le sentier qui normalement mène au café. Pour cette première partie de l’ascension, nous devons donc suivre des piquets blancs, certainement utilisé pour les pistes de ski, et prendre à droite sur une crête. Tout est parfait, je fais connaissance avec Laurence, mais je fais gaffe à mon souffle ! Nous sommes plutôt rassuré pour la suite car les nuages ne semblent plus progresser ! Je prends le temps de mémoriser le chemin emprunté pour la descente, on ne sait jamais ! Après les piquets blancs, on distingue très facilement « the ridge » sur la droite qui nous permettra de rejoindre un sentier jusqu’au sommet. On s’engage donc sur la crête, d’ici la vue est magnifique : le Ngauruhoe est entouré par les nuages mais son sommet reste visible. Arrivé en haut de la crête, nous devons prendre sur la droite en direction du sommet. Mais avant, petite pause pour reprendre des forces. Le silence est au rendez vous tout comme le soleil ! Les batteries sont rechargées, c’est parti pour la dernière portion. Ca grimpe fort mais comme dirait Laurence, il faut mériter sa vue ! On croise des Kerns de temps en temps mais c’est plus pour nous dire : continuez vous ne vous êtes pas encore perdu ! On croise un couple de Japonais et nous arrivons enfin au sommet du plus haut volcan de Nouvelle-Zélande (Dernière éruption : 1995). La haut, c’est tout blanc, même à l’intérieur de ce que je suppose être un cratère. Le cratère est sur notre gauche, nous continuons de le longer pour arriver face à un lac de couleur grise et entouré par un glacier. Incroyable, un glacier au sommet d’un volcan ! Je continuerai d’avancer sur une crête pas bien large pour avoir une vue plus dégagée sur le glacier. La température m’oblige à remettre mon pull mais nous resterons posés pendant 45 minutes à contempler ce paysage à la fois magique et chaotique ! On aurait pu rester là pendant des heures à écouter ce silence avec ces paysages sans personnes autour. Rien de mieux pour faire le vide dans son esprit !

Toute les bonnes choses ont une fin, il était temps pour nous de redescendre. Au départ, on se fie aux kerns et puis via l’application Maps.Me, on finit par se rendre compte que nous sommes trop sur la gauche et donc sur la mauvaise crête. Pas vraiment compris à quel moment nous avions merdé … Du coup on espère pouvoir traverser pour rejoindre le chemin emprunté à l’aller et par chance c’est possible ! Après avoir rejoint ce que nous supposons être la bonne crête, nous coupons à travers la station. Notre progression se fait à l’instinct mais nous finirons par regagner le parking. Il est 17h, Laurence doit aller récupérer une amie à elle sur l’alpine crossing. On se donne rendez vous le soir sur son campsite pour le dîner. Le temps pour moi de lancer une machine et de prendre une bonne douche.

La lessive fut un échec : Après avoir mis mon linge et une bonne dose de lessive dans le tambour, je tente de démarrer la machine. Celle-ci disjoncte et ne se rallumera plus. Pas le choix je vais devoir nettoyer à la main. Mais le temps de tout préparer la lessive a imprégnée mes vêtements. Toutes mes fringues sont bleues et l’eau ne suffit pas à la faire partir ! J’attendrai donc d’arriver à Turangi pour laver tout ça …

Le soir, je rejoins donc Laurence et Aména pour un diner sous un ciel étoilé. Nous échangerons nos contacts et peut-être que nous nous reverrons au Canada 😉 Laurence habite à la frontière avec l’Alaska, ça pourrait être sympa pour une prochaine aventure !

Le 7 Mars, je prends donc la direction de Turangi. Première action de la journée : la lessive ! Pendant que ça tourne, je pars me renseigner sur les régles de pêche à Taupo. Le spin fishing est possible autour du lac à plus de 200 mètres d’un bras de rivière. En rivière uniquement le fly fishing. Sauf que la license à l’année ne suffit pas sur cette zone. Il faut prendre un complément pour 30 $ la journée … Je vais donc remonter vers Waitangi et je verrais sur place.

Le 8 Mars, rien de particulier je continue ma route vers Auckland. Et enfin le 9 Mars : arrivée de ma biche ! Je roule le long d’une rivière avant d’arriver à Hamilton. Je m’arrêterai pour aller explorer et tenter d’attraper une truite pour le repas du soir. Je croise un représentant du DOC qui me conseille un endroit pour des truites plus adultes. Je dois remonter la riviére et emprunter un track qui traverse une ferme NZ. C’est ce que je ferais. Le spot est canon, plein de piscine à truite 😉 Je finirais par en attraper une, mais après un saut hors de l’eau, elle se décrochera. Je rentrerai bredouille …

Il est 18h, je reprends la route en direction d’auckland. Je me pose une heure à Viaduct Harbour et je pars pour l’aéroport. Il est 22h30 : je suis sur place ! 23h passé, j’aperçois Romain, un pas déterminé, un grand sourire, il me cherche du regard et finit par me voir.

Quelle joie et bonheur de se retrouver ici en Nouvelle-Zélande. Nous sommes à l’autre bout du monde !

See you 😉

Un commentaire sur “J-9 : Romain Arrive ! NZ spirit Festival, Taranaki & Ruapehu.

Laisser un commentaire