Comme je vous l’expliquais dans mon dernier article, nous avons donc quitté la péninsule du coromandel. Notre prochaine étape avec Xavier : Rotorua ! Nous y arriverons le 28 Mars dans la journée, le temps pour nous de trouver un endroit ou dormir et de se préparer pour une petite soirée 😉 La particularité de Rotorua, c’est que la ville se situe sur une zone volcanique très active. Ici pas besoin de gaz pour se chauffer l’hiver, ni de centrales nucléaires 😉 Le seul inconvénient : ça sent l’oeuf pourri, merci le souffre ! Et devinez quoi, on a garé le van et la voiture de Xavier juste à coté d’un lac en activité, ça sent le lendemain galette ! ( c’est clairement stylé d’écrire, tous mes souvenirs me reviennent ). Dans l’après midi avec Xavier, vu qu’il pleut, on part se faire un ciné : Captain Marvel … 20$NZ … Je me suis endormi, ca fait chère la sieste. Quand je me suis réveillé une heure après le début du film, impossible de reprendre le train en marche … Je me suis dis, ok, c’est pas grave je vais demander à Xavier. Sa réponse : ça faisait un demi-heure qu’il galérait à comprendre … le gars a dormi les 30 premières minutes … On appelle ça un échec ! Bref ce film est ptet stylé mais j’ai capté chibre ! Après le ciné, le coiffeur pour Xavier, de mon coté pas encore prêt pour la coupe. Le gars a choisi le coup tif le moins cher du bled. Le gars est tatoué de partout … Mec c’est pas un coiffeur, c’est un tatoueur 😀 ! Pendant la coupe de cheveux, le gueule de Xavier passe par plusieurs étapes … j’arrête de regarder parce que je vais pas tarder à éclater de rire. Mais bon au final ça passe. Il est 17h : direction les bars. Sur le chemin vers le SOBAR, on reserve un session rafting pour le samedi 30 Mars à 11h. D’ici là on aura le temps de décuver !
Le lendemain matin après une soirée bien arrosée, mon réveil se déroule en plusieurs étape. Etape 1 – 8h du mat : je suis pas seul dans le van, mais j’ai toute mes fringues, j’ai du m’endormir … encore ! Etape 2 – 9h30 du mat : je sors du van pour me faire un bol de chocapic. Je pensais que ça irait mieux après ça, mais clairement faut que je retourne dormir, j’ai comme du gravier dans les yeux, c’est horrible ! Etape 3 – 13h : ca va mieux, j’ai les crocs ! Je check le Van de Xavier, le gars est parti se faire masser ! La gueule de bois finira par passer, et ça tombe bien, il est 16h, Rom vient de nous rejoindre. On part se caler dans un camping avec piscine extérieur géothermique. Et quoi de mieux que d’aller s’y relaxer avant la prochaine soirée ! Au Repas ce soir, cote de boeuf accompagnée d’une bouteille de vin et de quelques bières. Nous partagerons notre table avec une famille Anglaise. Fort sympathique, on s’attardera un moment avec eux autour d’un jeu de cartes et de quelques verres supplémentaires. 23h, on décolle pour les bars, la soirée sera brève, Rom est parti téléphoner dehors sans savoir que toute sorti était définitive. C’est un signe, il est temps d’aller nous coucher.
Samedi 30 Mars, 10h du mat, c’est parti pour le rafting. Départ en bus en direction de black water river. Sur place, nous prenons nos équipements : rames, gilets, casques. Puis un autre bus nous emmène à notre point de départ. Pendant le trajet, briefing sécurité pour savoir réagir en cas de problème du style « que faire si le raft se retourne dans un rapide ». Pas vraiment rassurés en sachant qu’une chute de 7 mètres nous attend. Bref on porte le raft jusqu’à la rivière, mise à l’eau, embarquement et c’est parti ! On reste attentifs aux instructions du leader : Front, back, out, down, hold … Ca parait simple comme ça mais notre équipe a mis un peu de temps avant de se synchroniser. Heureusement nous avons fini par comprendre avant la chute d’eau ! Quelques photos qui vous donneront une idée de cette aventure en rafting 😉 FUCK YEAH !
Dimanche 31 Mars, Direction Taupo pour une journée VTT de descente ! Le problème c’est que pour avoir une descente il faut d’abord monter … Et je me souviens clairement avoir vu ma biche transpirer comme jamais, je dirais même transgoutter ! Ca méritait bien une petite récompense. Pour finir en beauté, bain chaud gratuit ! Situé à 5 min du centre ville, nous irons donc finir le weekend à Taupo Hot Pools ! Spot au top, mais qui dit gratuit dit blindé !

Fin du weekend, Romain repart en direction d’Auckland et avec Xavier nous prenons le temps d’aller nous ravitailler en eau avant de trouver un endroit pour la nuit. Pas mal de voiture sur le parking du point d’eau, un concert gratuit est entrain d’avoir lieu. On avait pas prévu de s’attarder mais clairement le son est sympa, on décide de se rapprocher. Nous finirons par comprendre qu’il s’agit en faite d’un événement organisé par une communauté catholique. Avec des textes religieux, leurs musiques rocks ! Un des organisateurs viendra nous voir pour savoir ce que nous faisons dans le coin. Content de voir que son événement attire de nouvelles têtes. Nous aurons même droit a une distribution de donuts pour terminer cette journée à Taupo. A la fin du concert, nous prenons la direction d’un camping self contained situé au bord de la rivière. La pluie finira par tomber pour ne s’arrêter que le lendemain en fin de journée. Au réveil, clairement pas motivé de mettre un pied dehors mais bon pas le choix. Il est également temps de réfléchir à ma prochaine destination. Xavier lui, doit continuer sa route vers le sud. De mon coté, je ne veux pas trop m’éloigner et je dois penser à notre prochain weekend avec Rom. C’est la bonne période pour aller faire du fruit picking à Tauranga. J’ai déjà un contact sur place pour un job. Et d’un autre coté je pense à mon prochain wwoofing dans la région de National Park (Tongariro). J’ai besoin d’un moment pour réfléchir. Xavier prend la direction d’un backpacker à Taupo. On se sépare, sensation bizarre aprés 5 semaines passées ensemble. Après plus d’une heure à ne pas savoir quoi faire, je fini par renvoyer un message à Xavier pour le rejoindre au backpack. L’aventure avec lui ne se termine pas ici. Pas encore ;-). Je m’installe donc au backpack de Taupo pour les 2 prochaines nuits. Le soir nous irons prendre une bière dans un bar du coin : The Trout Brewery. La bière est locale, on se régale !
Lendemain matin, on discute avec d’autres travellers qui ont pour projet de faire l’alpine crossing. Xavier n’a jamais exploré cette région. Je lui propose donc le Northern Circuit sur deux jours avec une nuit en refuge. Il est chaud, on réserve notre nuit à Oturere Hut.
Me voila donc une nouvelle fois au milieu du Tongariro National Park. Les conditions météo sont parfaites : grand soleil, température avoisinant les 15 degrés, et un léger vent. Après 3h de marche, on arrive au premier refuge du Northern Circuit. On s’y arrêtera pour la pause déjeuner. Sur place, trois femmes d’une cinquantaine d’années, plutôt ravi de voir des jeunes débarquer dans le refuge. Désolé Mesdames, nous ne faisons que passer. On fera la rencontre de la gardienne du refuge, très charmante. Après avoir discuté rapidement, on repart en direction d’Oturere . La voie vers le col est dégagée, je découvre enfin ce paysage lunaire qu’il m’était impossible d’imaginer 2 ans plutôt en raison d’un épais brouillard, d’un froid hivernal accompagné de neige et de fortes rafales de vent. Certains s’en souviennent, j’en suis certain ! Et pour vous les copains voici les photos 😉
Arrivé à Oturere Hut, nous faisons connaissance avec d’autres backpackers. Parmis eux : Theresa alias Tesa, une allemande originaire de Koln. Il y a également un couple de Français venus pour tenter l’ascension du Ngauruhoe, le deuxième plus haut volcan de Nouvelle Zélande – on échangera rapidement sur mon expérience avec l’ascension du Ruapehu – je pense que de leur coté ils doivent se préparer à cramer leur énergie dans le schiste qui ne les aidera pas à avancer à rythme constant – ils ont l’air prêt, le réveil sonnera à 3h du mat pour eux.
6h du matin, le ciel est clair, il fait un peu frais, je me pose sur un rocher en attendant le Soleil qui ne devrait plus tarder. Je crois que c’est ce calme, cette tranquilité, cette sensation d’être apaisé et de vivre l’instant présent que je suis venu chercher … n’est ce pas le plus important finalement ! Le groupe est prêt, nous nous suivrons tout au long de la randonnée, qui se finira dans un camping avec quelques bières, des étirements, un carnet de chant et une guitare.
Le lendemain matin, il est temps pour moi de partir vers de nouvelles aventures. Le temps a filé depuis que nous nous sommes rencontrés à Kuaotunu avec Xavier … Je ne suis pas prêt d’oublier cette partie de mon aventure avec lui. A cet instant, j’ai la sensation que c’est la fin d’un épisode, mais dans peu de temps je serais de nouveau sur la route, prêt pour de nouveaux défis et de nouvelles rencontres. See you Xavier, avec plaisir sur l’ile du sud.
La dernière fois que nos chemins ont failli se séparer avec Xavier, j’hésitais à partir vers Tauranga, régions des kiwis, pour du fruit picking ou à rester dans le National Park pour une nouvelle expérience woofing. Cette fois ma décision est prise, je suis attendu en fin de journée à Erua. Une sorte de lieux dit sur la route principal de National Park. Joss la propriétaire, que j’ai eu en début de semaine au téléphone, m’a fait comprendre qu’ils avaient besoin avec son mari d’aide pour stocker le bois et préparer l’hiver. Leur propriété est isolée, pas de réseau, peu de débit pour internet et l’énergie vient soit du feu soit des panneaux solaires. Histoire de me bien faire comprendre ce qui m’attendait, elle m’explique que les derniers woofers qui sont venus chez eux ne sont restés que quelques jours en raison de l’isolement qui ne leur correspondait pas … Je ne me laisse pas démonter, c’est ce genre d’expérience que je suis venu chercher.
En fin de journée, je me retrouve donc sur la route vers Erua. Lorsque vous êtes sur la route principale pour aller vers le sud, il vous faut prendre sur la droite au panneau. C’est alors une gravel road qui vous attend sur plusieurs Kilomètres. Je reste donc prudent avec le Van. Je roule tranquillement mais cela suffit à créer un nuage de poussière sur plusieurs mètres derrière moi. La route ensuite se sépare et je continuerai mon chemin sur la droite jusqu’à arriver devant un portail sécurisé. Je rentre le code que j’avais noté sur un post-it et collé sur le volant du van. Encore quelques minutes et je ferais connaissance avec mes nouveaux hôtes. Plus de GPS depuis le début de la gravel road, il est donc important dans ce genre d’endroit de faire un point carte avant de s’y rendre. Me voila donc arrivé devant la propriété de Joss & Steve. Je serais accueilli par Lily, leur chien. Les présentations faites, Steve s’empresse de me faire faire un tour de sa demeure. Il a tout construit, au fur et à mesure des années, en utilisant le bois présent sur ces terres : le Tautra. Sur le toit, des panneaux solaires pour fournir l’électricité de toute la maison. Au Rez de chaussé, un poêle à bois pour chauffer la maison, un autre pour faire chauffer l’eau des ballons et un dernier pour les plaques de cuisson. Ils sont complètement autonomes ! Et pour l’eau : des cuves de plusieurs centaines de litres sont enterrées dans le sol pour récupérer les eaux de pluie. La maison comme la plupart des maisons en Nouvelle Zélande est construite sur pilotis. Gros avantage quand il faut un espace de stockage pour laisser sécher le bois. Néanmoins, en cas de forte rafale de vent, on ne se sent pas forcément à l’abris. En réalité, ça reste du solide. Pas besoin de plus pour la région qui présente d’autres menaces que les tempêtes. Les volcans sont tout proches et ici en NZ, ils se réveillent de temps en temps ;-). Après un briefing rapide des installations dont dispose la maison, Steve me présente ma chambre qui se situe à l’étage. La vue donne directement sur le Ngauruhoe. Les espaces de cette maison sont superbes, on y respire grâce à la hauteur sous plafond. Toute les poutres transversales sont apparentes. La structure en croix permet de comprendre la façon dont le bâtiment a été construit. C’est une sacré baraque et je sens que je vais m’y plaire ! Le repas préparé par Joss est prêt. Après ce festin, je ne m’attarderai pas trop, je dois être en forme pour travailler avec Steve dès le lendemain.
Pour ce premier jour de travail avec Steve, le temps devrait nous permettre de commencer à stocker le bois pour l’hiver. Sur ses terres de plusieurs hectares, Steve a créé des parcelles qu’il a allouées à différents copropriétaires. Il dispose de tous les arbres nécessaires à la rentabilité de son exploitation forestière. Constitué principalement de Tautra, cet arbre est utilisé pour la construction des maisons en Nouvelle Zélande. Il a donc un certain nombre de commande à l’année qui lui permette de faire tourner son business. Ce bois sert également son propre besoin de chauffage par exemple. Ce jour là, nous effectuerons une dizaine d’aller retour avec son pick-up et sa remorque. Déchargement et transport des lopins à la brouette et stockage autour de la maison. L’empilage est assez technique, il doit monter assez haut par endroit.
Sur le reste de la semaine, nous avions pris l’habitude de se retrouver pour le petit déjeuner à 7h du matin pour être dans le pick-up avec the sound – station radio locale rock’n roll – dès 8h. Parfois on commençait la journée en allant nourrir les biches et le cerf présents sur la propriété. Il ne valait mieux pas tomber sur le cerf en rute ! Au menu, des carottes coupées à la hache. T’es bucheron ou t’es pas bucheron ?

Plusieurs missions nous ont occupées cette semaine la. Et j’ai eu la chance exceptionnelle – pour cette région réputée pluvieuse – de pouvoir travailler sous un soleil de plomb avec un ciel dégagé parfois jusqu’au Taranaki ! Comme ce jour là ou nous devions préparer une commande de Tautra. Nous nous sommes rendus sur le point le plus haut de la propriété et nous avons mis en route la beyte : La SAWMILL. Steve avait déjà abattu le tronc qui allait nous permettre de débiter les lopins. Il a donc pris les commandes du tracteur capable de lever le tronc dont le poids peut atteindre les 10 tonnes ! Nous avons ensuite caler le tronc dans l’axe de la sawmill.
La sawmill est constituée d’un moteur entrainant deux scies circulaires – d’un diamètre d’environ 80cm – sur deux axes vertical et horizontal. Et capable de se déplacer – le long d’une règle longitudinal mise à niveau au préalable – sur une dizaine de mètres. A chaque extrémités, les chaines de levages pour la mise à niveau. La sawmill peut se déplacer suivant 3 axes : en transversal, en longitudinal et en hauteur. Un peu de lubrification. Dernier check des dents des scies circulaires qui seront refroidies à l’eau pendant la coupe. Et c’est parti, moteur ça tourne ! Les premières passes nous permettront de surfacer l’écorce afin d’obtenir des surfaces planes dans les deux axes. Ce sera également le moment de vérifier la qualité du tronc, vérifier que le bois est sain. Cette fois là, tout est ok !
Le gros inconvénient quand tu démarres ce genre d’activité, c’est le vent. Lorsqu’il souffle dans ta direction et que tu es au commande. Au moment ou tu commences à débiter le tronc en planches – 5 cm de haut – toutes les sciures te reviennent dans la face. Et quand tu n’as pas de lunettes de protection, ça peut faire des dégâts. Au bout de 15 minutes, je passe le relais à Steve. Le temps d’aller chercher mes lunettes de piscine … On fait avec les moyens du bord. De retour au commande, j’ai les yeux en vrac mais je suis équipé ! Vla la gueule du bûcheron !
La vue depuis le poste de commande est juste magnifique, je suis encore capable de l’imaginer en fermant les yeux. De ressentir le vent et la chaleur du soleil sur mon visage et l’odeur du bois. A gauche le majestueux Ruapehu parsemé de neige sur le sommet et a l’opposé en direction de la mer, le sublime Taranaki. Il n’y a pas meilleur endroit pour travailler !
Une fois les planches découpées, on les transfère sur un autre poste. Autour de nous c’est comme si une bombe avait explosé … il y a du bois partout et il n’est pas impossible de se casser la gueule. Du coup pendant le transport des planches pour le découpage en lopin, on reste vigilant. Je finirai par mettre le pied dans une belle mare de boue, vla la gueule de ma pompe … Pour le découpage en lopin, nous utiliserons une chainsaw. Au préalable on viendra fixer une règle métallique sur la planche de Tautra. Installée à la verticale dans un étau, la chainsaw sera entrainée par un cable le long de la règle métallique. L’avance est manuelle, il faut donc rester vigilant pour éviter une rupture de la chaine.
A la fin de la journée, 70% de la commande est prête. La journée a été longue, il est temps d’aller reprendre des forces. En général après une journée de travail bien remplie, nous avions juste le temps de nous faire propre avant de passer à table. Chez Joss & Steve, la table c’est devant la télé avec un plateau repas. Et coté sujet de discussion, nous étions souvent amené à parler du 1080, un poison utilisé pour soit disant protéger les espèces endémiques (native birds) et donc tuer les prédateurs. Le problème c’est que selon eux et c’est aussi la vision de beaucoup d’autres citoyens NZ, ce poison censé tuer les possums, les rats et autres rongeurs indésirables, serait aussi responsable de la disparition de certains oiseaux. Le problème d’un poison pulvérisé dans l’air c’est qu’il n’est pas ciblé. Le possum qui va être contaminé par le poison va agoniser pendant de longues heures avant de mourir. Son corps se décomposera de façon naturelle avec l’aide des larves qui seront ensuite mangées par les oiseaux natifs. Vous avez compris j’imagine … Les chiffres du DOC (department of conservation) montrerait un impact bénéfique pour les espèces endémique. Cependant, sur les terres de Joss et Steve, la pulvérisation du poison n’est pas autorisée – propriété privé – il est alors facile d’observer les oiseaux natifs comme l’emblématique Tui. Pourtant menacé par des prédateurs importés pendant les différentes colonisations. Dès lors que l’on sort de la propriété, j’ai eu beau chercher, je n’ai rien vu voler … Ce sujet fait débat en Nouvelle Zélande et nous en avons beaucoup parlé pendant mon séjour. Il est assez difficile pour moi de cautionner cette souffrance sur des animaux arrivés en Nouvelle Zélande à cause de la négligence humaine.
Au cours de cette première semaine, nous avions une dernière mission avec Steve. Il avait été contacté quelques semaines plus tôt pour se rendre à Whakahoro. Situé à 2h de route, nous étions parti à 7h ce matin là. Après un trajet sur des routes sinueuses, on était arrivé devant le blue duck café, un des meilleurs en Nouvelle Zélande. Aux apparences de saloon, le blue duck est un des plus vieux établissement de la région. Et son propriétaire est un vieil ami de Steve. Les photos affichées sur les murs peuvent en témoigner. Il a fait appel à Steve car il souhaite faire abattre un certain nombre d’arbres pour créer une extension au blue duck café. Et vendre le surplus pour se faire un petit bonus de fin de mois. Ce matin, après un excellent café, nous partons donc en reconnaissance. Le blue duck est entouré par des collines verdoyantes avec des zones plus ou moins boisées. Par endroit, des chalets pour les employés. On croisera également des parcs à chevaux. Ils doivent proposer des excursions aux touristes qui viennent s’aventurer dans la région. Des chiens de chasse sont également présents. Les gens qui vivent ici ont l’air d’être complètement autonomes, ils ont un look très cow-boy, ca me plait ! Après presque 2h de marche, nous retournons au chaud au blue duck pour faire un dernier débrief. Steve discute planning avec son ami. De ce que je comprend, il reviendrai dans deux mois avec une parti de son matériel dont la sawmill pour faire le job. Ils pensent rester sur place pendant plus d’un mois. Il viendra donc avec sa caravane pour s’installer provisoirement sur place. Il leur faudra de la main d’oeuvre, il me proposeront de se joindre à eux. Je dois réfléchir, mon plan est de passer l’hiver sur l’ile du sud. Mais l’endroit et les gens que j’ai rencontré aujourd’hui me laisse hésiter … De retour à Erua, un bon repas nous attendait. Demain nous serons déjà vendredi 12 avril, la semaine est passée en un claquement de doigt.

Ce weekend là, nous avions prévu de nous retrouver une nouvelle fois à Raglan avec Romain, Eric et Sidh – des collègues de Romain – et Tesa. On se retrouvera directement sur le camping Holiday Park Raglan. Au programme : du surf, du soleil, de la plage, de la bière et des cocktails !! En fin de matinée le samedi, on part planche de surf sous le bras se mettre à l’eau pour une session de deux heures pendant laquelle nous passerons plus de temps à ramer – à cause des vagues qui s’enchainent – sans jamais passer la barre, sauf Romain, qui loin derrière attend le bon moment, il est au bon endroit ! C’est parti il se lève, il est en haut de la vague, c’est méga haut et je me dis : il va en prendre une bonne !! Au dernier moment il se remet à plat ventre et passe derrière la vague, c’était la bonne décision. Il finira par se lancer de nouveau avec une vague moins technique qui le ramènera jusqu’a la plage, debout il est fier, les biceps en l’air tel Aquaman sur sa planche. De mon coté je ressortirai un peu comme le linge à la fin d’une machine … essoré !

L’après-midi, nous assisterons à une compétition de surf non loin de là. Notre spot surplombe la plage et nous permet d’observer les surfeurs qui nous régalent. A l’heure du goûter, un TIM-TAM et une sieste au soleil. Pour finir cette journée en beauté, le soir, nous avons rendez vous avec les Blues, l’équipe de rugby d’Auckland qui affronte les Chiefs à Hamilton. Ce soir la, le match sera interrompu par un Streaker … Un des supporters s’est introduit nu sur le terrain pendant une remise en jeu. Il a commencé sa course poursuivi par un gars de la sécurité qui a fini par glissé face la première. Lorsque la cavalerie finit par arriver, il esquive un garde, puis deux tandis que le troisième d’un tout autre gabarit, le plaque violemment au sol avant de le menotter et de l’accompagner jusqu’à la sortie. Après ce divertissement inattendu, le match reprend. Les Chiefs finiront par remporter le match 33-29. Let’s go Chiefs, fuck the Blues !
Le dimanche, on commence la journée par un brunch. Nous irons ensuite nous promener non loin de Raglan pour voir une chute d’eau plutôt populaire dans la région. Bel endroit effectivement, qui nous permettra de partager un bon moment tous ensemble. L’après-midi nous irons profiter de la plage – pas de surf pour cette fois – just chill, drink and relax ! Romain décide de rester pour la soirée et de reprendre la route pour Auckland tôt le Lundi matin. Eric et Sidh partiront en fin d’après-midi. Comme le veut la tradition à Raglan, les soirées ont lieu le dimanche soir. Après un bon resto accompagné d’une bonne bouteille de rouge nous irons finir le weekend dans un bar : le Yot Club. On commencera la soirée prés d’un feu dans la cour du pub, puis après quelques verres, nous irons danser sur de la musique electro-hippie. Lendemain matin, romain décolle à la fraiche mais pas très frais ahah ! il est temps pour moi de retourner woofer avec Steve. Hâte de leur raconter mon weekend et de leur montrer la video du streaker ! See you Biche, le weekend pro : Ingrid, ta louve, arrive !
De retour Erua, Joss et Steve sont ravi d’apprendre que nous étions au stade pour le match des Blues. Après un weekend bien remplie, c’est reparti pour une semaine qui s’annonce plutôt chargée. Au programme, nous commencerons par finir de faire la réserve de bois pour l’hiver. Cela nous prendra deux bonnes journées. Le Mercredi, Steve a fait venir un mécano du coin pour changer les freins de son bulldozer de 1960. Une pièce de collection constitué uniquement d’élément mécanique, pas d’hydraulique, toujours en état de marche. Après ouverture des trappes d’accès aux freins, celles-ci sont remplies d’eau, on commence donc par les vidanger. Après inspection, les freins sont en bon état et ne nécessitent pas de changement. Il y a pourtant bel et bien un problème. On remonte donc la chaine des causes, et on finira par se rendre compte que le système de tringle censé venir écraser les freins, lorsque la pédale est actionnée, est rompu. La barre en 2 partie initialement liée par un élément mécanique fileté présente un jeu qui ne permet pas d’actionner les freins. Après quelques heures de démontage pour récupérer la pièce défectueuse, le mécano confirme ce qu’il pense être la cause du problème en voyant la pièce … les filets se sont arrachés avec le temps. On ne pourra rien faire de plus pour aujourd’hui.
Le lendemain matin, nous nous rendons à Taumarunui avec Steve. Situé au nord d’Erua, cette ville de petite taille est le QG de Steve lorsqu’il a besoin de faire réparer son matériel. Sur place, on arrive devant un petit atelier de reprise mécanique. J’aperçois des tours conventionnels – pas de Haulin dans ce coin là du monde – des fraiseuses et des ponceuses à bande. Steve connais bien les gars sur place, ils ont grandi ensemble, on se fera payer le café. Pour notre problème, le patron propose d’usiner un nouvelle pièce – Délai : 2 semaines – Steve accepte le deal. Avant de rentrer, on en profite pour déposer les chaines des tronçonneuses en affutage dans un autre workshop. Et au passage, Steve me fera découvrir une spécialité du coin : la venison pie. C’est une sorte de tourte avec de la viande de biche à l’intérieur. Ça requinque ! Je ne sais pas si je l’avais déjà mentionné mais il y a quelques élevages de biche en Nouvelle-Zélande.
Pour le reste de ma semaine à Erua, notre dernière mission consistera au ramonage de la cheminée. Autrement appelée opération casse gueule ! Un jour en fin d’après midi, on grimpe donc sur le toit. Problème, l’échelle normalement nécessaire pour retirer le chapeau, est indisponible. Celle que nous avons nous permet d’atteindre la base du chapeau à l’endroit ou il est fixé avec le reste du conduit. Pour l’enlever, Steve s’en charge sans problème. Un coup de brosse métallique dans le chapeau et à l’intérieur du conduit, le tour est joué. Enfin presque, la partie casse gueule consiste a remettre en place le chapeau. Steve se lance mais n’arrive pas hisser le chapeau au dessus du conduit pour le faire glisser et le remettre en place. Je lui propose donc d’essayer. Au premier essai je manque de partir en arrière. Le problème c’est que l’échelle posée sur le toit est assez instable, qu’il faut monter avec le chapeau et qu’il n’est pas possible de le hisser à une main. Au deuxième essai, je n’ai pas d’autre choix que de monter au plus haut de l’escabeau. Steve n’est pas serein, mais je finirai par l’engager ! Bouen, on va pouvoir se chauffer ce soir ! De retour devant le poele, on allume ! Problème : la fumée ne s’évacue pas et fini par envahir la pièce – WTF !! – va peut être falloir remonter demain … Au final, le lendemain, il aura suffit de déposer la plaque supérieur du poêle pour évacuer les cendres tombées pendant le nettoyage du conduit qui bloquaient l’évacuation des fumées. Pour ma dernière soirée à Erua, Joss et Steve ont invité un de leurs amis, une bouteille de rosé sera ouverte pour l’occasion et un cadeau de sa part à mon attention, un pendentif Moari PIKORUA ayant pour signification :
« the maori symbol consisting of a closed loop with 3 knots, referring to eternal emerging paths, remaining connecting forever, always returning to each other at some point in life. Embracing a bond, strength, love, loyalty & friendship. »
Pour finir en beauté ce séjour à Erua, j’aurai le droit à un magnifique coucher de soleil sur le Taranaki.
Vendredi 19 Avril, il est temps pour moi de dire au revoir à Joss et Steve. A mon départ, ils m’offriront un lapin de Pâques en chocolat et Steve me donnera son CD compil « the sounds » avec les titres les plus écoutés de la radio. Il tournera en boucle pendant un certain temps celui là …

J’ai vraiment apprécié le temps que j’ai passé ici. Cette étape de mon aventure arrive en tête de liste. Joss et Steve m’ont accueilli comme un ami et le temps passé avec Steve pour l’aider à faire tourner son business m’a permis de découvrir un autre mode de vie. Je n’oublierai jamais la vue que j’avais là haut lorsque je faisais tourner la sawmill … Un grand Merci !

















































































































































































































































































































































